Le Stromberg
Il existe en Allemagne de très nombreux sommets et localités désignés sous les toponymes Stromberg, Seeburg, Seestein etc.. proches d’anciennes villes saintes ou païennes, remarquables par leurs références aux contes et mythes germaniques, notamment la déesse des sources Holda ou Brunhilda:
« C’est une figure syncrétique qui a reçu des trais de différentes origines. C’est dame Holle qui demeure dans une source ou un lac sur le Hörselberg en Thuringe. Elle correspond aux fées romanes Abonde - dame abondance - et satia – Satiété »(1)
.
Pour les Frères Grimm, la déesse Holda est censée résider près du Hoher-Messner et en divers lieux, cavités et grottes (Hölle). Cela n’est pas sans rappeler le ruisseau de la Hollenbach de la Vallée de Montenach où justement on relève quelques grottes ainsi que sur le versant gauche de l’Altenberg. D’autres placent cette divinité germanique sur la Montagne de Vénus du Hörselberg.
Holda est encore citée sur un autre mont Stromberg dans les environs des Hollenberges près de Oeld en Westphalie de la région de Bielefeld. On la signale aussi sur le Rhin à Isenberg (Nassau) et encore sur un autre Stromberg en Hesse près de Bonn aux alentours de Bad-Godesberg. On retrouve différentes villes nommées Stromberg à quelques kilomètres du Rhin et de de Kreuznach, de « Am Guldenbach » près de Bingen réputé pour ses vins du Rhin. L’auteur de ces citations, August Raszmann(2) note encore d‘autres sites analogues et notamment le Stromberg de Contz-les-Bains sur la Moselle et sa Roue en feu pour la Saint-Jean-Baptiste. Bien d’autres Stromberg existent encore en Allemagne, en Bavière notamment.
Francois Lecouteux(3) évoque en outre une créature fantastique des Alpes suisses. Une femme laide nommée Strunze enlève et dévore les fileuses ayant travaillé le troisième Samedi de l’Avent ou aux Quatre-Temps ou bien encore celles ayant négligé leur ouvrage.(4)
Au pied du Johanniskoppe (Mont Jean) près de Geismar en Allemagne, s’étend le Strombusch, près du Mont Otomann. La légende dit qu’un feu prend tous les sept ans la nuit et laisse apparaître une jeune femme dans un manteau de neige tenant un trousseau de clefs à la main(5) symbole du mystère nécessaire pour accéder à la connaissance.
Ces quelques citations d’auteurs versés dans la mythologie germanique retiennent notre attention et porte notre regard sur les hauteurs du Stromberg à la Saint-Jean-Baptiste au crépuscule quand la fameuse roue en feu dévale les pentes de la colline avec son rite féminin du culte de la source de la Burbach. Contz est cité quasi systématiquement par ces auteurs allemands dans leurs ouvrages relatifs aux feux du Solstice d’Été.
Ce qui lient tous ces sommets allemands nommés Stromberg, ce sont les divinités liées au feu et aux sources. D’aucun aura été intrigué par la signification de Stromberg qui nous vient du germanique et même du scandinave. Le radical Strom traduit au premier degré signifie en allemand: courant d'eau. On songe au courant de la Moselle. Strom trouve un lien direct avec le courant d'un ruisseau en rapport avec l’indoeuropéen °Sreu et au latin serum : courant(6). On ne peut négliger cette étymologie sans la rapprocher de *Ser celtique à l- ’origine du Ruisseau de Montenach et de Sierck... Ce que confirme à nouveau Albrecht Greule cité dans la note n°1 à propos de la Sarre et de la Sûre. Les lieux et sommets prirent souvent les noms et les formes de leur entourage. Sachant toutefois que bien des hauteurs étaient dédiées par les sociétés archaïques à des divinités et à des lieux de rassemblement religieux, mais cela relève dans le cas présent peu convaincant. il est préférable d’en rester à ces explications.
Néanmoins, le Stromberg de Contz est l’objet d’une grande manifestation commune à toute l’Europe celtique par les feux du Solstice ou de la Fête de Belteine, le dieu Bel du feu, on peut penser que dans cette éventuelle spéculation le Stromberg ne pouvait qu’être dédié à l’habituel couple divin de Grannus et de Sirona. Mais il y a de fortes chances que l ’étymologie de l ’appellation Stromberg soit proche de celle citée par Alfred Greule. En effet il n ’est pas certain que les origine de l ’usage de la Roue enflammée de Contz soit aussi lointaine qu ’on le pense, dans le passé, entendu à Sierck.
Sans aucune référence précise, on peut toutefois faire un rapprochement avec la mythologie des fées gardiennes de l’eau. Sirona, déesse des sources(7). Nous citons un passage relevé sur un site internet(8) relatif à cette divinité aquatique : « Sirona, cette déesse des eaux présidait à l’abondance est l’une des déesses gallo-romaines les plus souvent attestées, après Epona sans doute. L’épigraphie recense plus d’une douzaine de fois son nom en Allemagne, huit fois en France, deux fois en Roumanie, une fois en Suisse (Augst) à Vienne (Autriche) et à Rome où elle suit son amant Apollon. Elle est représentée avec la corne d’abondance et quelquefois un serpent thérapeutique qu’elle nourrit (piliers de Vienne-en-Val, Loiret). Et c’est une curiosité : le nom de cette déesse dont les fleuves courent les prairies signifie « étoile ».
Depuis Pedersen (Vergleichende Grammatik, I, p. 78) et les travaux de Vendryès (Études celtiques, V, p. 246), il ne fait pas de doute que le nom de Sirona doit être rapproché des appellations néoceltiques de l’étoile (breton ster, cornique steyr, kymrique ser, syr).
Il faudra supposer qu’elle est une déesse de « la rivière étoilée » et que les ruisseaux que l’on baptise de son nom sur la terre sont les images du flux nourricier de la Voie lactée.
Sirona est non seulement la déesse éponyme de la Sarine, un affluent de l’Aar qui prend source au col du Sanetsch, entre les cantons de Berne et du Valais (Suisse), mais aussi de cet affluent de la Promenthouse nommée Serine (district de Nyon), de la Valserine (autrefois nommée La Serine) qui afflue dans le Rhône (Ain), de La Sorne (Sorna en 690), affluent de la Birse (Jura bernois) et de quelques autres encore. »(7)
« C’est une figure syncrétique qui a reçu des trais de différentes origines. C’est dame Holle qui demeure dans une source ou un lac sur le Hörselberg en Thuringe. Elle correspond aux fées romanes Abonde - dame abondance - et satia – Satiété »(1)
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Pour les Frères Grimm, la déesse Holda est censée résider près du Hoher-Messner et en divers lieux, cavités et grottes (Hölle). Cela n’est pas sans rappeler le ruisseau de la Hollenbach de la Vallée de Montenach où justement on relève quelques grottes ainsi que sur le versant gauche de l’Altenberg. D’autres placent cette divinité germanique sur la Montagne de Vénus du Hörselberg.
Holda est encore citée sur un autre mont Stromberg dans les environs des Hollenberges près de Oeld en Westphalie de la région de Bielefeld. On la signale aussi sur le Rhin à Isenberg (Nassau) et encore sur un autre Stromberg en Hesse près de Bonn aux alentours de Bad-Godesberg. On retrouve différentes villes nommées Stromberg à quelques kilomètres du Rhin et de de Kreuznach, de « Am Guldenbach » près de Bingen réputé pour ses vins du Rhin. L’auteur de ces citations, August Raszmann(2) note encore d‘autres sites analogues et notamment le Stromberg de Contz-les-Bains sur la Moselle et sa Roue en feu pour la Saint-Jean-Baptiste. Bien d’autres Stromberg existent encore en Allemagne, en Bavière notamment.
Francois Lecouteux(3) évoque en outre une créature fantastique des Alpes suisses. Une femme laide nommée Strunze enlève et dévore les fileuses ayant travaillé le troisième Samedi de l’Avent ou aux Quatre-Temps ou bien encore celles ayant négligé leur ouvrage.(4)
Au pied du Johanniskoppe (Mont Jean) près de Geismar en Allemagne, s’étend le Strombusch, près du Mont Otomann. La légende dit qu’un feu prend tous les sept ans la nuit et laisse apparaître une jeune femme dans un manteau de neige tenant un trousseau de clefs à la main(5) symbole du mystère nécessaire pour accéder à la connaissance.
Ces quelques citations d’auteurs versés dans la mythologie germanique retiennent notre attention et porte notre regard sur les hauteurs du Stromberg à la Saint-Jean-Baptiste au crépuscule quand la fameuse roue en feu dévale les pentes de la colline avec son rite féminin du culte de la source de la Burbach. Contz est cité quasi systématiquement par ces auteurs allemands dans leurs ouvrages relatifs aux feux du Solstice d’Été.
Ce qui lient tous ces sommets allemands nommés Stromberg, ce sont les divinités liées au feu et aux sources. D’aucun aura été intrigué par la signification de Stromberg qui nous vient du germanique et même du scandinave. Le radical Strom traduit au premier degré signifie en allemand: courant d'eau. On songe au courant de la Moselle. Strom trouve un lien direct avec le courant d'un ruisseau en rapport avec l’indoeuropéen °Sreu et au latin serum : courant(6). On ne peut négliger cette étymologie sans la rapprocher de *Ser celtique à l- ’origine du Ruisseau de Montenach et de Sierck... Ce que confirme à nouveau Albrecht Greule cité dans la note n°1 à propos de la Sarre et de la Sûre. Les lieux et sommets prirent souvent les noms et les formes de leur entourage. Sachant toutefois que bien des hauteurs étaient dédiées par les sociétés archaïques à des divinités et à des lieux de rassemblement religieux, mais cela relève dans le cas présent peu convaincant. il est préférable d’en rester à ces explications.
Néanmoins, le Stromberg de Contz est l’objet d’une grande manifestation commune à toute l’Europe celtique par les feux du Solstice ou de la Fête de Belteine, le dieu Bel du feu, on peut penser que dans cette éventuelle spéculation le Stromberg ne pouvait qu’être dédié à l’habituel couple divin de Grannus et de Sirona. Mais il y a de fortes chances que l ’étymologie de l ’appellation Stromberg soit proche de celle citée par Alfred Greule. En effet il n ’est pas certain que les origine de l ’usage de la Roue enflammée de Contz soit aussi lointaine qu ’on le pense, dans le passé, entendu à Sierck.
Sans aucune référence précise, on peut toutefois faire un rapprochement avec la mythologie des fées gardiennes de l’eau. Sirona, déesse des sources(7). Nous citons un passage relevé sur un site internet(8) relatif à cette divinité aquatique : « Sirona, cette déesse des eaux présidait à l’abondance est l’une des déesses gallo-romaines les plus souvent attestées, après Epona sans doute. L’épigraphie recense plus d’une douzaine de fois son nom en Allemagne, huit fois en France, deux fois en Roumanie, une fois en Suisse (Augst) à Vienne (Autriche) et à Rome où elle suit son amant Apollon. Elle est représentée avec la corne d’abondance et quelquefois un serpent thérapeutique qu’elle nourrit (piliers de Vienne-en-Val, Loiret). Et c’est une curiosité : le nom de cette déesse dont les fleuves courent les prairies signifie « étoile ».
Depuis Pedersen (Vergleichende Grammatik, I, p. 78) et les travaux de Vendryès (Études celtiques, V, p. 246), il ne fait pas de doute que le nom de Sirona doit être rapproché des appellations néoceltiques de l’étoile (breton ster, cornique steyr, kymrique ser, syr).
Il faudra supposer qu’elle est une déesse de « la rivière étoilée » et que les ruisseaux que l’on baptise de son nom sur la terre sont les images du flux nourricier de la Voie lactée.
Sirona est non seulement la déesse éponyme de la Sarine, un affluent de l’Aar qui prend source au col du Sanetsch, entre les cantons de Berne et du Valais (Suisse), mais aussi de cet affluent de la Promenthouse nommée Serine (district de Nyon), de la Valserine (autrefois nommée La Serine) qui afflue dans le Rhône (Ain), de La Sorne (Sorna en 690), affluent de la Birse (Jura bernois) et de quelques autres encore. »(7)
Notes de bas de page
- (1) Claude Lecouteux - Dictionnaire de la mythologie germanique – Imago.
- (2)August Raszmann – Die Deutsche Heldensage ihre Heimat, Reich der Holds in Brunnen und Seen.
- (3) Théodore Vernaleken - Alpensage – Éditions Hermann Burg – Salzburg.
- (4) Grimm – Mythologie. 941.
- (5) Kluge – Etymologisches Wörterbuch der deutschen Sprache - De Gruyter.
- (6) Dieter Kremp – ein kunterbunter Steifzug durch den Jahreskreis – Engelsdorfer Verlag 2016.
- (7) https://www.arbredor.com


