Le Val de Sierck au "Pays des Trois Frontières"
La dénomination "Pays des Trois Frontières", une élucubration, a été abusivement attribuée à nombre d'espaces communautaires limitrophes de nations étrangères, notamment à Longwy en raison de sa proximité avec la Belgique, le l'Allemagne et du Luxembourg et cela dans un but touristique. Au coursde la "Guerre Froide" le notion de "frontière" évoquait le franchissement d'un interdit. Ainsi lors de la coexistence pacifique entre Est et Ouest, la frontière inspirait une ouverture vers l'autre. Cependant avec la création de l'Union Européenne et les Accords de Schengen le même terme perdait toute signification s'agissant d'une possibilité de circuler librement d'un état à l'autre et donc de liberté. N'était-ce pas l'occasion d'innover sans pour autant bannir le passé.
Les frontières sont conventionnelles, les oiseaux et tout autre animal, ainsi que les éléments naturels ne les connaissent pas. Qu'en reste-t-il une fois les barrières, les guérites et les silhouettes des gabelous disparues en 1990 : plus grand-chose des symboles de souveraineté des états hormis leurs couleurs flottant au vent. La monnaie unique venait d'un jour au lendemain uniformiser le commerce hormis taxes et impôts, les seuls vestiges de la vieille Europe.
En attendant, n'était-ce pas le moment de balayer comme à Berlin au lendemain de la chute du Mur, les débris et les fatras d'une époque bien grise. La vieille capitale de la Prusse et du Reich tentait de retrouver son aspect. Que pouvait-on faire dans notre région sans nos frontières conventionnelles pour chasser les dernières barrières virtuelles qui embarrassent nos cerveaux et la raison ?
Alors que l'air circule plus facilement dans la vallée de la Moselle, nous avions oublié que toute l'eau venue des hauteurs des Vosges et des plateaux de la Marne et de la Meuse est collectée par la Moselle avec ses détritus qui se libèrent dans la Rhin à Coblence. N'avons-nous pas remarqué que nos voisins s'expriment dans notre propre langage? Certes nous ne voulons entendre que nos langues nationales et nos rancœurs. Mais soyons réalistes ou pragmatique et un peu sérieux. De quoi s'agit-il ?
Parler de frontières reste saugrenu et décevant au regard de l'histoire millénaire qui unie le Luxembourg, la Sarre et la vieille cité de Sierck (et ses villages) bien nommée "Cité des Ducs de Lorraine". Plutôt que remettre des points les "i" aux frontières, il eut été légitime de célébrer l'amitié avec nos voisins partageant avec nous l'histoire, la langue, la culture et le vin de Moselle ainsi que les beaux paysages et plus encore les liens familiaux dans nombre de maisons ... et maintenant la monnaie...
La rive droite de la Moselle jusqu'à Mondelange situé en amont entre Metz et Thionville(1) fut luxembourgeoise jusqu'en 1659 ayant cependant conservé entre Thionville et le Luxembourg son dialecte luxembourgeois devenu langue nationale du Grand-Duché qu'elle partage aussi avec une partie de la Sarre.
C'est plus qu'un trait d'union... Hélas nos frontières, liées bien entendu à une histoire malheureuse vieille de deux à trois siècles ont désespérément séparés les populations à la manière d'une grande indivision familiale qui laisse pourrir les arbres fruitiers, crouler les murs de la propriété et envahir le domaine de buissons sauvages etc.
Ne serait-ce pas le moment de restaurer ou de remémorer ce que fut le Canton de Sierck ou la vieille cité de Sierck ou si l'on préfèrent encore la vielle paroisse de Rustroff du décanat de Perl, jeté (le canton) aux orties pour des communautés de communes artificielles et impersonnelles qui ne forment que des écrans au regard des "citoyens" ayant perdu tout lien social, que représentait la paroisse, et tout contrôle des affaires communales ?
Mais avant réfléchissons à propos de la configuration du département de la Moselle élaborée lors de l'annexion allemande en 1871 et qui ne présente toujours aucune logique, ce que reconnut lui-même le gouvernement fédéral du Kaiserreich allemand à quelques années de la première guerre mondiale. Tenons-nous à notre identité et à notre particularisme. Le département de la Moselle est partagé par cinq dialectes différents, proches certes, mais que les linguistes s'obstinent à vouloir unifier sans succès, dans une appellation simpliste remontant au 19ième siècle: "Francique" que les linguistes de grand nom moquent. Il s'agit d'un vieux serpent de mer datant de la fin du 19ième qui refaisait de tant à autre surface lorsqu’il qu'il s'est agit de paix avec l'Allemagne. Ce concept dépassait largement la problématique linguistique pour avoir l'ambition de fédérer les populations Rhino-Mosellanes Lotharingienne, c'est à dire un état "Francs".
Des structures administratives régionales sont certes nécessaires et doivent bien entendu rassembler divers cercles administratifs et économiques variés et compatibles. L'idée d'une communauté alsacienne-lorraine fut utopique, ce que reconnut encore le Kaiserreich vers la fin du 19ième siècle, expérimenté par le fédéralisme à l'allemande. La coopération entre la Moselle et la Sarre n'est pas nouvelle, mais tant l'Allemagne que la France ont loupé le coche après la dernière guerre. Ce genre d'exercice est difficilement réalisable à présent entre deux états souverains aux politiques souverainistes divergentes. Ceci dit oublions cela ...
