La transition linguistique en Moselle
Au retour de l’Alsace-Lorraine à la France, celle-ci lui garantit le bilinguisme dans le cadre d’un « Droit local » difficilement acquits grâce au poids du mouvement autonomiste.
Sans aucun doute les générations scolarisées sous le Kaiserreich furent celles des véritables locuteurs de l’Allemand, Hochdeutsch, sachant lire et écrire, y compris l’écriture gothique.
Cependant la transmission familiale se limita qu'au dialecte et aux traditions. La raison en revient à la nature foncièrement orale des populations dialectales, qui reposait sur la famille, le terroir et l'Église. L'oralité est le propre de l'enseignement.
Les générations scolarisées en allemand rédigeaient leur correspondance en allemand littéraire, l'expression dialectale est une affaire d'oralité.
L’annexion de 1940 à 1944-45 vit le retour de la scolarité allemande. Le processus inverse se produit : la langue littéraire allemande obligatoire revint, alors que français interdit régressait.
En 1945 la langue française est définitivement de retour dans les écoles, alors que la langue allemande littéraire est maintenue au côté du français par les administrations le temps de la transition linguistique. Quant à l’allemand dialectal, sauvage par nature, insaisissable il subsista... Les pages des journaux s’ouvraient progressivement à la langue française, bien que certains journaux à tendance chrétienne maintenaient l'allemand dans leur rédaction.
Dans les années 50, à la demande des familles alsaciennes et lorraines, soutenues par les mouvements autonomistes, les écoles primaires bénéficièrent de quelques heures d’instruction allemande par semaine... le jour du repos du Jeudi (de nos jours le Mercredi). Sans une réelle volonté de l'académie de Strasbourg. Sans moyens les instituteurs ne purent assurer une telle surcharge de travail. L'expérience ne fut pas reconduite. Les parents le regrettèrent, consciente de l'avantage d'être bilingue.
Vint le temps de la répression linguistique dans les écoles. Grâce à la générosité de notre instituteur nous fûmes à l'abri de cette violente idéologie. Or, certaines familles excessivement patriotiques, s’imposaient à parler en français à leurs enfants et aux autres. Mais sous les toits des familles traditionnelles vivaient souvent plusieurs générations et notre dialecte restait roi, tandis que dans les familles bourgeoises ou citadines, il était dit que le bilinguisme familiale ou l’allemand dialectal représentait un danger pour l'avenir social des enfants.
La transition linguistique fut l'occasion de transmettre les valeurs nationales françaises. Cette mission revenant en premier lieu à l'école sans aucun problème. Cependant si le 11 Novembre était largement fêté, l'Armistice de 1945 ne le ne fut jamais été avant... 2014 (Au village). La devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité" n'apparut sur la façade de la Mairie qu'en 2013. Mais les enfants chantaient allègrement la Marseillaise et le Chant du départ aussi fort que le Salve Régina à l'église.
L’abandon de la langue allemande et du latin par l’Église d’Alsace et de Lorraine, à l’occasion de l’entrée en application du nouveau rituel de la messe des années 1969, coïncide avec le déclin des pratiques religieuses et de celui de l’allemand dialectal. Symptômes de la rupture de la transmission de nos valeurs et de nos dialectes?
Sans aucun doute les générations scolarisées sous le Kaiserreich furent celles des véritables locuteurs de l’Allemand, Hochdeutsch, sachant lire et écrire, y compris l’écriture gothique.
Cependant la transmission familiale se limita qu'au dialecte et aux traditions. La raison en revient à la nature foncièrement orale des populations dialectales, qui reposait sur la famille, le terroir et l'Église. L'oralité est le propre de l'enseignement.
Les générations scolarisées en allemand rédigeaient leur correspondance en allemand littéraire, l'expression dialectale est une affaire d'oralité.
L’annexion de 1940 à 1944-45 vit le retour de la scolarité allemande. Le processus inverse se produit : la langue littéraire allemande obligatoire revint, alors que français interdit régressait.
En 1945 la langue française est définitivement de retour dans les écoles, alors que la langue allemande littéraire est maintenue au côté du français par les administrations le temps de la transition linguistique. Quant à l’allemand dialectal, sauvage par nature, insaisissable il subsista... Les pages des journaux s’ouvraient progressivement à la langue française, bien que certains journaux à tendance chrétienne maintenaient l'allemand dans leur rédaction.
Dans les années 50, à la demande des familles alsaciennes et lorraines, soutenues par les mouvements autonomistes, les écoles primaires bénéficièrent de quelques heures d’instruction allemande par semaine... le jour du repos du Jeudi (de nos jours le Mercredi). Sans une réelle volonté de l'académie de Strasbourg. Sans moyens les instituteurs ne purent assurer une telle surcharge de travail. L'expérience ne fut pas reconduite. Les parents le regrettèrent, consciente de l'avantage d'être bilingue.
Vint le temps de la répression linguistique dans les écoles. Grâce à la générosité de notre instituteur nous fûmes à l'abri de cette violente idéologie. Or, certaines familles excessivement patriotiques, s’imposaient à parler en français à leurs enfants et aux autres. Mais sous les toits des familles traditionnelles vivaient souvent plusieurs générations et notre dialecte restait roi, tandis que dans les familles bourgeoises ou citadines, il était dit que le bilinguisme familiale ou l’allemand dialectal représentait un danger pour l'avenir social des enfants.
La transition linguistique fut l'occasion de transmettre les valeurs nationales françaises. Cette mission revenant en premier lieu à l'école sans aucun problème. Cependant si le 11 Novembre était largement fêté, l'Armistice de 1945 ne le ne fut jamais été avant... 2014 (Au village). La devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité" n'apparut sur la façade de la Mairie qu'en 2013. Mais les enfants chantaient allègrement la Marseillaise et le Chant du départ aussi fort que le Salve Régina à l'église.
L’abandon de la langue allemande et du latin par l’Église d’Alsace et de Lorraine, à l’occasion de l’entrée en application du nouveau rituel de la messe des années 1969, coïncide avec le déclin des pratiques religieuses et de celui de l’allemand dialectal. Symptômes de la rupture de la transmission de nos valeurs et de nos dialectes?
