La défense de l'allemand par l'église en Lorraine Germanophone
Comme au Luxembourg l'église défend la langue allemande
Les évêques étaient soucieux de s'adresser à des communautés catholiques d'un même langage. En étudiant la physionomie du doyenné de Perl, vieux de plus mille ans on notera que ses limites correspondent à des zones dialectales communes. Or ces modifications ou ces découpages allaient effacer des limites et des frontières qui remontent à l'époque carolingienne. Mais ce fut aussi l'entrée de la langue française dans les églises et dans l'enseignement catholique. On se rapportera au chapitre des luttes linguistiques en Moselle pour apprécier l'effrayante mesure à laquelle les populations s'opposèrent violemment durant plus d'un siècle.
La frontière linguistique en Lorraine
La frontière linguistique délimite la part des populations d'expression romanophone de celles germanophone. Il s'agit de langages à deux niveaux: dialectaux ou unifiés et littéraires. La lorrain germanophone s'exprimait au quotidien dans des "parlés" vernaculaires variés nommés "platt" communs à la région linguistique intitulée Plattdeutsch"couvrant une large zone ouest-allemande débordant dans les pays voisins : Belgique, Luxembourg et Lorraine Nord. Ces populations étaient enseignées en allemand littéraire unifié nommé Hochdeutsch.(1) Ce dernier mode commun représentait la langue de communication générale entre locuteurs de dialectes différents mais issus d'un même tronc commun germanique.
La frontière linguistique n’est pas statique. Elle se déglaça régulièrement depuis le 15ième siècle, subissant un reflux constant vers l’Est à l’avantage de la langue romane. Les populations toujours plus mobiles ont participé à la mutation de la manière de communiquer et à une grande mutation linguistique er à un début de dissolution des langages très locaux. Les zones proches de la frontière linguistique sont finalement très riches sur le plan lexical. De nos jours elle est d’ordre plutôt culturel que linguistique. Parler d’une situation réelle bilingue en Moselle paraît difficilement mesurable actuellement, les bases ou les données statistiques restent improbables et en évolution constante et parfois fulgurantes.
La frontière linguistique n’est pas statique. Elle se déglaça régulièrement depuis le 15ième siècle, subissant un reflux constant vers l’Est à l’avantage de la langue romane. Les populations toujours plus mobiles ont participé à la mutation de la manière de communiquer et à une grande mutation linguistique er à un début de dissolution des langages très locaux. Les zones proches de la frontière linguistique sont finalement très riches sur le plan lexical. De nos jours elle est d’ordre plutôt culturel que linguistique. Parler d’une situation réelle bilingue en Moselle paraît difficilement mesurable actuellement, les bases ou les données statistiques restent improbables et en évolution constante et parfois fulgurantes.
L'impositions de la langue française en Lorraine germanophone
Quand intervint la succession du Duché de Lorraine promise à la France, le chancelier Galaizière, placé intendant au côté du Roi de Pologne, inspira au Duc de Lorraine, polonais, l’Édit du 27 Septembre 1748, dicté par Versailles, proclamant officielle la langue française en Lorraine. Cependant une langue officielle sous l’ancien régime ne pouvait être confondue avec celle de nos temps. Elle désignait essentiellement les actes officiels et non l’enseignement. L'allemand continua à être enseigné dans les écoles sous la direction de l'Église. Cet édit posa d’énormes problèmes pratiques. Les juges continuèrent à rendre leurs arrêts, leurs sentences, leurs actes, contrats et procédures en allemand. La population rejetait ces dispositions, craignant d’être spoliée dans leurs affaires, lors des enregistrements des actes de ventes des biens immobiliers, etc... De tels abus eurent lieu en effet. Le commerce et les transactions avec l’Alsace étaient alors nombreux. Toutefois l’allemand fut maintenue en Alsace et en Lorraine jusqu’en 1794, dans l’administration des villes et dans les actes judiciaires.
C’est véritablement la Révolution Française, par un décret de la Convention en 1794, qui imposera la langue française avec beaucoup de résistance de la part des populations et avec de nombreuses difficultés. Nous aborderons ultérieurement la longue période des luttes linguistique extrêmement virulentes aux 19 et 20ième siècle.
C’est véritablement la Révolution Française, par un décret de la Convention en 1794, qui imposera la langue française avec beaucoup de résistance de la part des populations et avec de nombreuses difficultés. Nous aborderons ultérieurement la longue période des luttes linguistique extrêmement virulentes aux 19 et 20ième siècle.
L'église et la langue allemande Lorraine germanophone
Nous évoquions plus haut le comportement de l'Église au 18ième siècle face au pouvoir politique en maintenant l'enseignement religieux en allemand: : "qu'il était essentiel que les catéchisants et les fidèles soient enseignés dans leur langue, afin de bien accueillir la parole des Évangiles." La carte ci-contre reprend les limites des différents diaconés des diocèses de Metz et de Trèves adaptées à la frontière linguistique.
La langue allemande fut dans l'histoire la langue propre des anciens territoires du Bailliage d'Allemagne du Duché de Lorraine. Nous reproduisons ci-contre un tableau récapitulatif de l'usage des langues en Loraine Nord et en Alsace à travers le temps. La synthèse est évidente à propos de la primauté de la langue allemand dans le passé.
La langue allemande fut dans l'histoire la langue propre des anciens territoires du Bailliage d'Allemagne du Duché de Lorraine. Nous reproduisons ci-contre un tableau récapitulatif de l'usage des langues en Loraine Nord et en Alsace à travers le temps. La synthèse est évidente à propos de la primauté de la langue allemand dans le passé.
Les langues vernaculaires en Lorraines germanophone
Cinq dialectes différents partagent les locuteurs germanophones du département de la Moselle que les linguistes s'obstinent à vouloir unifier sans succès et fondre dans. une appellation simpliste remontant au 19ième siècle: "Francique". Or ces dialectes ne sont proprement mosellans que dans le sens départemental du terme. Comme la carte l'indique ces langages s'étalent bien au-delà de la frontière nationale jusqu'à Francfort dans leur diversité et sont contrairement aux idées soufflées d'authentiques dialectes allemands qui viennent en fait "échouer" en Moselle Nord.
Pour revenir au Val de Sierck élargi à l'ensemble de la vallée au sud, le luxembourgeois représente son dialecte traditionnel. Celui-ci épouse l'ensemble de l'ancien territoire du vieux Comté de Luxembourg qui s'étendait dans le Nord-Est mosellan hormis le Val Sierckois, toutefois son dialecte reste intimement lié au luxembourgeois.
Pour revenir au Val de Sierck élargi à l'ensemble de la vallée au sud, le luxembourgeois représente son dialecte traditionnel. Celui-ci épouse l'ensemble de l'ancien territoire du vieux Comté de Luxembourg qui s'étendait dans le Nord-Est mosellan hormis le Val Sierckois, toutefois son dialecte reste intimement lié au luxembourgeois.



